maaninw: Les peines
MAPjoNNenes bamanan
ex BÔSO (MALI)
PKK eLISAB eiH DeN OTieR.
Photo de la couverture: Faaro, le génie des
eaux.
Sa couleur, le jaune, représente le teint clair
qui est symbole de la beauté chez les
femmes. Ses yeux en verre lui confèrent son
caractère mythique. Le désordre de ses
longs cheveux s'explique par sa présence
dans l’eau.
Bien que Faaro soit d’origine bôso, les
Bamanan en ont une version taillé en bois.
Date de publication de cet article: 2020.
Textes et photos: Elisabeth den Otter©.
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Elisabeth den Otter, anthropologue, était
conservateur d’Ethnomusicologie du
Tropenmuseum/KIT (Institut Royal des
Tropiques) de 1989-2003. En 1990 elle était
l’intermédiaire pour une tournée d’une troupe
de Kirango en Europe, et depuis ce temps
elle étudie la fête des masques sur laquelle
elle a publié plusieurs articles, cd’s et dvd’s.
Un ensemble de marionnettes a été
confectionné à Kirango pour faire partie
d’une grande exposition au Tropenmuseum,
en 1996, sur les marionnettes d’Afrique et
d'Asie.
Pour information sur ses publications, cd’s et
dvd’s, voir son site-web:
www.elisabethdenotter.nl
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Sogo bô, la fête des masques
'Sogo bé', l’animal sort; c’est ainsi que les
Bamanan dans la région de Ségou (Mali)
désignent leur fête des masques. Ils utilisent
le mot ’sogow' (animaux, pluriel) pour
désigner les masques et les marionnettes,
car on peut les considérer comme deux
faces d’une pièce de monnaie : ils sont un
moyen d’établir le contact entre le monde
invisible du surnaturel et le monde visible
des humains.
Le castelet qui représente le corps de
l'animal est assez large. Il mesure environ
deux mètres de long avec une hauteur d'un
mètre et demi. Il est couvert de tissu et
supporté par plusieurs personnes qui sont à
l'intérieur de la construction et qui manipulent
la 'tête' du sogo, une grande tête à bâton,
avec parfois des oreilles et mâchoires
articulées. Des petites figures humaines ou
animales (‘maaninw’) se trouvent sur ses
cornes ou sur sa tête, et parfois sur son dos.
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Les parties articulées sont manipulées au
moyen de ficelles.
Les maaninw représentent les activités
quotidiennes des hommes à travers certains
personnages.
H.Vaêfl
Sigi, dessin de Hetty paërl
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Origines
La manifestation trouve son origine avec les
groupes de pêcheurs boso qui l’appellent 'do
bô 1 , le secret sort. Les Bamanan les auraient
empruntés à leurs voisins boso. Aujourd’hui
les deux communautés se partagent leurs
sources d'inspiration : on retrouve chez les
Bôso des sogow représentant des animaux
terrestres comme l'antilope, le cheval et son
chevalier, de même que les Bamanan ont les
sogow aquatiques comme le crocodile et des
maaninw montrant des piroguiers.
Les pêcheurs boso de Kirango, descendants
de l’esprit de l’eau, Faaro, présentent de jour
des sogow 'terrestres' comme le masque
Gonfarinman, le Chimpanzé Méchant, et des
castelets représentant des animaux
mythiques comme des antilopes ou des
oiseaux, et des animaux domestiques
comme le cheval ; ils portent parfois des
maaninw sur le dos.
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Comme les sogow des Boso sont en étoffe,
leurs maaninw le sont aussi.
Festival sur le Niger/Ségou,de jour, sur l’eau:
So, le Cheval (à gauche) et Kono, l’Oiseau (à
droite), avec leur maaninw sur le dos: un
chevalier et deux petits oiseaux.
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Fête des masques de Welentigila: So, le
Cheval, avec des maaninw.
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A travers les maaninw la société rend
hommage aux musiciens qui animent la vie
de la communauté. Ainsi on peut observer
un joueur de balafon et un batteur de
tambour.
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Pendant la fête des masques de Pelengana
a chanteuse Basan Ulale est représentée
par un maanin qui porte son nom
'Basantilen’ (le soleil de Basan). Il présente
l'artiste tenant dans sa main un microphone
relié à un pavillon de sonorisation.
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'BinatilerT (le soleil de Bina) symbolise Bina
Kumare de Pelengana jouant la vièle (‘soku’,
la queue du cheval), avec sa femme qui
l’évente.
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Le marabout est également un personnage
important.
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Le sogo Karankaw de Koke est fabriqué par
Siriman Fané, un forgeron célèbre. Sur son
dos on voit des militaires coloniaux, des
femmes qui pillent le mil, etc. Sur la grande
tête se trouve un femme qui l’évente.
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Sur le photos on voit Sigi de Jamarabugu, un
buffle qui porte des maaninw sur le dos : un
petit Sigi et le Président au milieu de son
cortège. Sur sa tête il y a une femme.
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Les forgerons
La fabrication est faite par les forgerons du
quartier bamana. Ici on voit Mamari Fané de
Kirango qui fabrique une mère avec enfant et
un crocodile.
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En 2007, 2 nouveaux animaux ont été
fabriqués par Amadou Fané, le fils de
Mamari, et Badiri Traoré: une antilope
‘Cewyekelenye’ et un buffle ‘Konkoro’.
D’abord, un arbre a été coupé dans la
brousse (avec permission des autorités) et
transporté à Kirango. Ensuite le bois a été
coupé en morceaux, pour confectionner
deux grandes têtes et les maaninw qu’ils
portent.
Konkoro, un buffle, porte plusieurs maaninw
sur le dos: un chasseur, un forgeron, une
jeune mariée.
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Cewyekelenye, une antilope, porte les
maaninw suivants: une femme qui file le
coton, une jeune mariée, un agriculteur, un
tisserand.
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Confection de la tête de Cewyekelenye
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Confection des maaninw
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Le montage de Cewyekelenye est fait par les
membres de la société des jeunes (‘ton’)
dans la cour de la maison de Badiri Traoré.
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Les deux nouveaux animaux étaient
présentés pendant la fête des masques, en
Juin 2007.
Cewyekelenye, une antilope. Il porte sur son
dos: une femme qui file le coton, une jeune
mariée, un agriculteur, un tisserand.
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Kônkoro, un buffle qui porte plusieurs
maaninw sur le dos: un chasseur, un
forgeron, une jeune mariée.
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La fête des masques s'inscrit dans la
tradition. Elle constitue un moyen efficace
de perpétuer le passé à travers les chants
et les danses tirés du riche patrimoine
culturel bamanan et boso. Par la
présentation des sogow inspirés de la
faune, on dispense un véritable cours de
science naturelle aux jeunes en leur faisant
découvrir les animaux de la brousse. La
fête des masques est aussi une école en
ce sens que toutes les composantes
(chants, danses, sogow) véhiculent un
enseignement, des valeurs qui rentrent
dans la formation du Bamanan et Boso.
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